1914

Publié le par Pascal Marchand

Le jour est la nuit
Fusils d’étoiles filantes
L’Europe est en sang

Tu marches au son
Des musiques militaires
Au pas cadencé

À la queue leu leu
Dans les tranchées dans les fosses
Attendant la mort

Labourant les champs
Troupes de soldats en marche
Vers le feu la tombe

Pratiquer le meurtre
Pour défendre nos frontières
Mourir pour la ligne

Le repli sur soi
Pour en finir avec l’Homme
Le poison le gaz

Sans peur du décès
Où est passé le désir
Le désir d’aimer

Règne la folie
Les cerveaux ne peuvent plus
Raisonner tranquille

Nulle différence
Que tu sois breton ou boche
Sous ton masque à gaz

La guerre est peinture
Dont le sang est la couleur
Huile sur les murs

Les corps explosés
Par les obus des nations
Dans un film d’horreur

Des pantins sans souffle
Des arbustes barbelés
Autour des cratères

Aveugles cadavres
Les morts sont les plus doués à
L’art du camouflage

Prisonniers de guerre
Corps soumis à la torture
Nus plus que jamais

Membres amputés
Pansements et chirurgie
Pour consolation

Les soins infirmiers
Aux figures déchirées
Des blessés du front

La Victoire arrive
Le devoir est accompli
On compte les corps

Aimaient-ils la guerre
Mobilisés enthousiastes
Le propre de l’homme

La patrie debout
Les camarades tombés
Le maire en prière

Soldats inconnus
Balivernes d’après-guerre
Sauvés par leur mort

 

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Publié dans Poèmes

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